Entrepreneur de la formation : 15 choix décisifs pour durer et décider sous pression
Entreprendre dans la formation ne se résume pas à créer des contenus pédagogiques ou à maîtriser des dispositifs de financement. C’est avant tout une succession de choix, répétés dans le temps, souvent effectués sous contrainte, incertitude ou pression.
Dans Choisir sa vie, Tal Ben-Shahar, enseignant à Harvard et figure majeure de la psychologie positive, rappelle une idée centrale : la qualité de notre vie dépend moins des circonstances que de la qualité des choix que nous faisons face à ces circonstances.
Cette grille de lecture s’applique particulièrement bien à l’entrepreneuriat, et plus spécifiquement à celui de la formation.
Cet article présente 15 choix structurants auxquels un entrepreneur de la formation est confronté au cours de la vie de son activité. Le ton est volontairement clair et direct : il ne s’agit pas d’idéaux abstraits, mais de décisions concrètes, observables, avec des conséquences réelles.
J'ai écrit cet article autant pour vous que pour moi. Etant atteint de troubles anxieux, et de manière sévère, j'ai une tendance naturelle (même automatique) à choisir les mauvaises options, ce que je fais encore régulièrement. Il me faut un outil simple pour me rappeler les bonnes pratiques.

1. Choisir la responsabilité plutôt que la plainte
L’entrepreneur de la formation évolue dans un environnement complexe : réformes successives, contraintes administratives, exigences qualité, pression commerciale.
La tentation est forte d’attribuer les difficultés au système, aux financeurs ou au marché.
Choisir la responsabilité ne signifie pas nier ces contraintes, mais accepter que ses résultats dépendent aussi de ses décisions : positionnement, offres, prospection, organisation.
Ce choix est fondateur, car sans responsabilité assumée, il n’y a ni marge de manœuvre ni capacité d’ajustement.
2. Choisir le sens plutôt que l’opportunisme
Les opportunités existent : demandes clients éloignées de son cœur de métier, thématiques « à la mode » comme l'IA, dispositifs porteurs mais peu alignés avec ses convictions pédagogiques.
Choisir le sens consiste à construire une activité cohérente avec ses valeurs, ses compétences réelles et sa vision de la formation. Ce choix sécurise la motivation dans la durée et limite l’usure professionnelle liée aux compromis répétés.
3. Choisir le long terme plutôt que la gratification immédiate
Certaines décisions produisent des résultats rapides mais fragiles : sous-tarification, surcharge de missions, dépendance à un unique client ou financeur.
Choisir le long terme, c’est accepter des efforts qui ne produiront pas d’effet immédiat : structuration de l’offre, stratégie commerciale, visibilité, qualité pédagogique. Ce choix est souvent inconfortable, mais il conditionne la soutenabilité de l’activité.
4. Choisir l’imperfection plutôt que l’inaction
Dans la formation, le perfectionnisme est fréquent, notamment lorsqu’il est renforcé par des référentiels qualité comme Qualiopi. Vouloir tout maîtriser, tout anticiper et tout documenter peut conduire à une dépense d’énergie disproportionnée.
Choisir l’imperfection, ce n’est pas négliger la qualité, mais accepter de lancer une formation « suffisamment bonne », un système Qualité "suffisamment bon" avec les moyens dont on dispose, quitte à l’améliorer ensuite.
Sans passage à l’action, il n’y a ni retour terrain, ni apprentissage réel.
5. Choisir l’apprentissage continu plutôt qu’une posture d’expert figé
Être formateur expose à un paradoxe : transmettre du savoir peut donner l’illusion que l’on n’a plus besoin d’apprendre. Pourtant, les publics évoluent, les attentes changent, les formats se transforment.
Choisir l’apprentissage continu implique de remettre en question ses pratiques, ses contenus et parfois ses certitudes.
C’est une condition pour rester pertinent et crédible dans la durée.
6. Choisir la cohérence plutôt que la dispersion
Accepter toutes les demandes peut sembler rassurant, surtout en phase de développement. Mais la dispersion affaiblit le positionnement, complique la communication et augmente la charge mentale.
Choisir la cohérence, c’est accepter de dire non à certaines opportunités pour renforcer la lisibilité de son offre et la solidité de son activité.
7. Choisir l’effort conscient plutôt que le confort
Lorsque l’activité fonctionne, il est tentant de relâcher l’effort sur la prospection, la communication ou la structuration interne. Pourtant, ces dimensions conditionnent la stabilité future.
Choisir l’effort conscient, c’est maintenir des actions clés même quand elles sont inconfortables ou peu gratifiantes à court terme.
8. Choisir la régulation émotionnelle plutôt que la réaction
L’entrepreneuriat expose à des émotions intenses : stress, peur, frustration, excitation.
Prendre des décisions sous le coup de ces émotions conduit souvent à des choix regrettés.
Choisir la régulation émotionnelle consiste à créer un espace entre l’émotion et l’action, afin de décider de manière plus lucide, notamment dans les moments de pression.
9. Choisir la réalité plutôt que le déni
Ignorer des indicateurs défavorables peut soulager à court terme, mais aggrave les difficultés à moyen terme : rentabilité insuffisante, offres peu vendues, retours clients négatifs.
Choisir la réalité, c’est accepter de regarder les chiffres, les faits et les feedbacks tels qu’ils sont, pour ajuster son action.
10. Choisir l’autonomie plutôt que la dépendance
Dépendre d’un seul financeur, d’un seul dispositif ou d’un seul client expose à une grande vulnérabilité.
Choisir l’autonomie implique de diversifier ses sources de revenus, ses canaux de vente et ses formats, même si cela demande plus d’efforts au départ.
11. Choisir la contribution plutôt que la reconnaissance
La reconnaissance institutionnelle, les labels ou la visibilité peuvent devenir des objectifs en soi.
Pourtant, même s'ils sont très utiles, ils ne garantissent ni l’impact réel ni la satisfaction professionnelle.
Choisir la contribution, c’est replacer l’utilité pour les apprenants au centre des décisions pédagogiques et stratégiques.
12. Choisir la structure plutôt que l’improvisation permanente
L’improvisation peut fonctionner ponctuellement, mais elle devient coûteuse lorsqu’elle est permanente : perte de temps, erreurs répétées, surcharge mentale.
Choisir la structure, c’est mettre en place des process clairs pour la vente, l’animation, le suivi et l’amélioration des formations.
13. Choisir la vulnérabilité plutôt que la façade
L’entrepreneur est souvent tenté de montrer une image de maîtrise permanente. Cette posture isole et limite l’apprentissage.
Choisir la vulnérabilité, c’est accepter de reconnaître ses limites, de demander de l’aide et de se faire accompagner.
14. Choisir l’équilibre plutôt que le sacrifice chronique
Le discours dominant valorise encore le surinvestissement et l’épuisement comme preuves d’engagement. Dans la durée, ce modèle est intenable.
Choisir l’équilibre, c’est préserver son énergie, sa santé et ses autres sphères de vie pour maintenir une performance durable.
15. Choisir, encore et encore
Aucun de ces choix n’est définitif. Ils se reposent régulièrement, parfois sous des formes différentes.
Choisir, encore et encore, c’est accepter que l’entrepreneuriat de la formation ne repose pas sur une décision unique, mais sur une pratique continue du choix conscient.
Ces 15 choix ne garantissent ni un succès rapide ni un parcours sans difficultés.
En revanche, ils augmentent fortement la probabilité de construire une activité de formation cohérente, soutenable et alignée, même dans un environnement instable et exigeant.
L’expérience montre que le vrai défi n’est pas de connaître ces choix, mais de les poser sous pression, quand l’incertitude, le stress ou l’urgence prennent le dessus.
C’est précisément dans ces moments que les décisions ont le plus d’impact… et qu’elles sont le plus difficiles à réguler.
C’est pour répondre à cette réalité que j’ai adapté les formations et accompagnements que je propose : aider les entrepreneurs de la formation à prendre des décisions plus lucides, plus alignées et plus soutenables, même lorsque la pression est forte.
Choisir sa vie professionnelle, comme le rappelle Tal Ben-Shahar, ne relève pas d’un idéal abstrait. C’est une pratique concrète, quotidienne, qui s’apprend, se structure et se renforce dans la durée.
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Je suis Philippe ANDREOLI, formateur consultant expérimenté et certifié, spécialiste de la pédagogie et de la gestion du stress.
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